Formé à l’ENSATT (Ecole Nationale Supérieure des Arts et Techniques du Théâtre), il est auteur et dramaturge.
En février 2010, il assiste Caterina Gozzi pour Le Vertige des animaux avant l’abattage de Dimitris Dimitriadis (Odéon - Théâtre de l’Europe).
Sa traduction de Lettres d’amour à Staline de Juan Mayorga a été lue en public au festival “Regards Croisés” (Grenoble, mai 2010).
Sa pièce En combat singulier a été représentée dans le spectacle collectif Faites danser l’anatomie humaine (février 2011, ENSATT, Lyon).
AVEC LA CIE PLANCHES-CONTACTS
Il collabore avec l’actrice Fanny Bouffort et le compositeur Vincent Malassis pour la création du spectacle Comme un zeppelin en flammes dans son vol de retour. La compagnie a été accueillie en résidence de création à la Maison Zusvex (Parigné, hiver 2010) et au Théâtre du Cercle (Rennes, juin et septembre 2011, janvier 2012).
La première ouverture au public de ce spectacle en cours de création aura lieu le 20 janvier 2012 au Théâtre du Cercle, Rennes.
Vous trouverez des informations et des vidéos sur le site de la Cie Planches-Contacts.
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Depuis quelques jours déjà, je me sens traqué. C’est terrible, je crois que ce sont des morts. Ils me poursuivent. Les morts m’envahissent et ils sont morts. Qu’est-ce que je peux faire ? Ça a commencé sur mon balcon, quand ma jardinière de pétunias est tombée, en la fracassant, pile sur la tête d’une morte. Sur le moment, je n’ai pas fait attention, je ne pouvais pas savoir que d’autres morts allaient suivre, comme cela s’est vérifié assez vite.
Une des nuits suivantes, comme je rentrais d’une soirée entre amis à la campagne, j’ai percuté trois morts en l’espace d’une heure : un sanglier mort sur la route de la forêt et deux adolescents morts sur leur mobylette à l’entrée de la ville. Il est clair que je n’ai pas d’emblée fait le rapprochement avec la morte précédente tant j’étais choqué. Sur le moment, je n’avais qu’une envie : rentrer par le plus court chemin et me coucher.
Les choses ne sont devenues sérieuses que le lendemain, que je qualifierais tour à tour de journée bascule, puisque ces deux épisodes isolés de ma vie, y compris et je dirais spécialement dans ma tête, ont commencé à former avec d’autres ce que j’appellerais une chaîne de phénomènes plus ou moins similaires, et de journée à bascule, vue l’opinion oscillatoire et même carrément pendulaire qui fut la mienne des premières aux dernières lueurs du jour.
Tout cela, il faut vous dire que je le pense rétrospectivement. Au moment des faits, mes facultés réflexives étaient réellement au point mort. Le moi d’alors, qui à tout casser ne remonte qu’à une vingtaine d’heures sinon de minutes, je le décrirais plutôt comme un petit homme agrippé au balancier d’une horloge bien plus grande que lui et forcé de sauter pour ainsi dire sans transition d’un antipode psychologique à l’autre : perplexité / paranoïa, incrédulité / panique, indécision / terreur, tranquillité / paranoïa, détachement / terreur, dédramatisation / peur panique…
C’est terrible, je crois que je suis à couteaux tirés avec les morts. Ils viennent m’empoisonner la vie et ils sont morts. Qu’est-ce que je peux faire ? Ça a commencé, disais-je, avec les premières lueurs du jour. Non, ça a commencé sur mon balcon. Depuis ça n’arrête plus, ils m’envahissent, ils ne veulent plus me lâcher.
Ça n’a servi à rien de m’enfermer chez moi, comme je l’ai fait, littéralement aux abois, par suite de ce que j’appelle une inqualifiable campagne d’oppression ayant pris la forme effective d’une battue au vivant. Ça n’a servi à rien du tout, disais-je.
Maintenant encore, retranché de force ici même, sur mon balcon, du haut duquel le concept de coïncidence apparaît décidément sous un jour irrecevable pour ne pas dire inadmissible, de quelque côté qu’on le tourne, et va jusqu’à ne plus signifier la moindre chose, quand je fais usage de ma 22 long rifle, je n’abats que des morts. Qu’est-ce que ça veux dire ? Ça ne se calme pas, non, ça ne veut pas se calmer. C’est terrible, numériquement parlant, les morts semblent inépuisables.
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En combat singulier de Simon Diard (mai 2010)
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Personne concrète de Simon Diard
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Tomas Borghi de Simon Diard (février 2009)